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Patrimoine

1 – L’Eglise

L’église de Sérigné est placée sous le vocable de St Hilaire de Poitiers, saint hautement important pour le haut Moyen Age et qui contribua à l’évangélisation de l’Ouest de l’actuelle France.

L’église fut construite à différentes époques. Le portail, daté de la fin du XIIème siècle, est la partie la plus ancienne de l’édifice et correspond à une donation faite le 6 Mai 1190 par le roi d’Angleterre, qui avait de nombreuses possessions dans la région.

Puis l’édifice a été remanié :

  • le clocher et les travées de la nef datent des XIIIème et XIVème siècles,
  • les travées du chœur sont datées du XVème siècle.

Le prieuré, cure de Sérigné, dépendit très longtemps de l’abbaye royale de Nieul sur l’Autise avant de devenir possession de l’évêché de Luçon, comme de nombreux autres biens monastiques.

Une polémique entoure l’église de Sérigné :
L’église a-t-elle brûlé durant les Guerres de Religion (1562 – 1598) ou des Guerres de Vendée (1793 -1794) ?

Certains faits pourraient confirmer cet incendie (pas d’archives communales avant les Guerres de Religion, toiture brisée, disparition de deux cloches datées de 1691 et 1698, ville de Fontenay-le-Comte prise par les Vendéens pendant les Guerres de Vendée).

Néanmoins, il faut rester objectif :

  • les cloches disparues ont sûrement été descendues pour être fondues comme cela se faisait encore durant la guerre de 14 -18 ;
  • l’affaissement de la toiture peut être dû à l’usure du temps.

On signale cependant que « l’église fut maltraitée en 1568 par les Protestants qui se contentèrent de briser quelques tableaux et de piller meubles et objets qu’ils y trouvèrent… »

En 1791, l’église va être vendue comme Bien National et va devenir rapidement paroissiale comme de nombreux autres édifices.

Description architecturale de l’extérieur du bâtiment

L’église adopte un plan en croix latine typique de l’art roman classique (entre 1080 et 1151) qui caractérise la grande majorité de nos églises vendéennes. Elle est orientée vers l’Est et se termine par un chevet à fond plat.

Elle possède un transept peu saillant dédié à la Vierge et à St Laurent.

Particularité de l’édifice : le clocher se situe au-dessus d’un bras du transept et non au centre de ce dernier.

L’église est de proportion moyenne et utilise une construction en moyen-appareil (pierre de taille légèrement dégrossie).

Façade occidentale

La façade pignon de la fin du XIIème siècle est le seul vestige de l’église romane primitive. Elle se compose en deux parties :

  • la partie basse délimitée par des modillons (petites sculptures) se compose de 3 sous-ensembles grâce aux 4 colonnes engagées sur dosserets. Sur leurs chapiteaux, on distingue de lourdes feuilles qui se retournent en volutes dans les angles laissant apparaître entre elles les denticules ;
  • les modillons soutiennent la corniche et sont au nombre de 11. Ils représentent un tonneau, une tête d’homme (l’avarice), un joueur de viole, un acrobate, un masque grotesque, une tête hideuse (la colère)… ;
  • le portail qui s’inspire de ceux à voussures décorées est encadré par des restes romans mais il est d’influence gothique. En arc légèrement brisé, il se compose d’un rang de clous à l’extrados et d’une voussure romane dont les claveaux sont décorés d’étoiles estampées. Les 2 autres voussures de l’archivolte sont gothiques. Toutes les voussures retombent sur des petites colonnes simples dont les chapiteaux ne sont pas sculptés ;
  • la baie en arc en plein cintre sans décor repose sur des colonnes aux chapiteaux stylisés ;
  • la partie haute en moyen appareil est très simple et se termine par un fronton triangulaire, à l’image de l’abbatiale de Nieul sur l’Autise (influence antique).

Le clocher

Le clocher carré est édifié sur le bras Sud du transept, vers les XIIIème – XIVème  siècles. Il a abrité 4 cloches dont l’une fut bénie le 14 Septembre 1691 et se dénommait Marie. La seconde fut bénie le 8 Mai 1698 et se prénommait Suzanne mais elle disparut sûrement en 1793 lors des Guerres de Vendée.

Deux autres furent ajoutées en 1733 par l’abbé Lambreteau et en 1743 mais aucune d’entre elles n’existent aujourd’hui. Elles furent remplacées par 4 autres cloches :

  • 1869 : Marthe – Marie (la grosse cloche)
  • 1869 : Marie Rose – Elizabeth – Hilaire (2nde cloche)
  • 1853 : Marie, Florence – Geneviève – Henriette – Marie Louise (3ème cloche, la plus ancienne)
  • 1869 : Marie – Charlotte – Henriette – Laurence (4ème cloche, la plus petite)

Trois d’entre elles sont datées de la même année (1869). Sûrement brisées, elles ont été refondues pour un meilleur accord.

Toutes les cloches sont signées Bollee et Fils, fondeurs, accordeurs au Mans.

Murs gouttereaux

Sur chaque côté se trouvent 2 contreforts placés en correspondance avec les piliers à l’intérieur de l’édifice afin de maintenir la poussée de la voûte.

Description architecturale de l’intérieur de l’église

L’église adopte le plan en croix latine, symbole de la crucifixion du Christ et s’inscrit pleinement dans l’art roman classique (1080 – 1150).

L’église n’est composée que d’une nef centrale à trois travées, séparées du chœur à chevet plat par un transept peu saillant.

Nef
Divisée en trois travées séparées par des arcs doubleaux, la nef utilise le voûtement en croisée d’ogive qui supplante peu à peu la voûte d’arête.

Les efforts des maîtres-maçons gothiques ont porté sur un point précis : faire supporter le poids des voûtes sur les piliers et non les murs comme durant l’art roman.

La nef est peu profonde, largement ouverte sur l’extérieur par d’imposantes baies vitrées retraçant la vie de Ste Hilaire de Poitiers.

Les chapiteaux de la nef sont décorés de motifs très simples représentant des visages, mais aussi de motifs végétaux ou géométriques.

A remarquer l’utilisation de deux voûtes différentes : des travées à 4 ou 6 nervures.

Transept
Peu profond et peu saillant, il permet néanmoins d’effectuer une limite entre la nef et le chœur de l’église.

Chœur
Le chœur à fond plat est composé d’une seule travée du XVème siècle. Il possède un grand vitrail de 28 m2 orienté ver l’Est et qui fut longtemps fermé à l’intérieur par une cloison de briques. Il fut réalisé en 1884 par A. Maurier, peintre verrier à Nantes.

Au XVIIIème siècle, le maître autel est remplacé par un autre en joli marbre noir, don d’un chanoine de La Rochelle. Une inscription est gravée sur le côté gauche de cet autel et atteste ce don. Quelques restes sont encore visibles derrière le chevet de l’église et la sacristie.

L’autel actuel date des années 1902 -1903 et vient de la maison Savin de Poitiers.

2 – La Girardie

Le château de la Girardie paraît avoir été construit en 1593 par un Girard de Beaurepaire. Un descendant, Charles Girard de Beaurepaire, joua un rôle important en formant une division en 1793 et lutta aux côtés de Lescure, pendant les guerres de Vendée. Le bâtiment est terminé à chaque extrémité par une tour coiffée en poivrière. La cour intérieure est entourée de servitudes, flanquée aux angles de grosses tours dont les pieds baignent dans l’eau des anciennes douves. Au-dessus du portail extérieur pratiqué dans cette enceinte se lit cette invite engageante « Qui rit et apporte de ceste mayson lui défant-on la porte ». En face ce portail d’entrée, un gros chêne avec ses 8 m de circonférence est un témoin de ce temps – il a été classé le 19 Octobre 1936 ;

3 – La Touche  suivant le livre de L. Brochet 

Jolie maison bourgeoise avec une superbe avenue de chênes (1), de jolies charmilles, de beaux jardins et de vastes pairies. Elle était en 1603 la propriété de Jean Brisson, qualifié sieur de La Touche dans un document de cette année  déposé aux Archives de Fontenay ;

(1) au bout de cette  avenue, nous avons constaté les traces d’une voie romaine allant dans la direction de Chantonnay à Fontenay, et tout fait supposer qu’elle fut suivie par les Normands lorsqu’ils livrèrent combat à Brillac en 853.

4 – Les Meules : vestiges des meules en grès destinées à la production de farine par les moulins à vent ou à eau implantés sur la commune ou les villages avoisinants.

Extrait de la fiche N° 11 Conseil Général de la Vendée – Patrimoine géologique vendéen – (www.vendee.fr)

Le bois se trouve à 1,5 km au nord du bourg de Sérigné, à proximité du château de la Girardie. Il est bordé par un chemin qui assure un accès facile. La partie dégagée montre, sur une cinquantaine de mètres de longueur et 1 à 2 mètres de hauteur, le conglomérat siliceux extrêmement dur d’où étaient tirées les meules. Les incisions circulaires pratiquées pour dégager les meules monolithiques sont parfaitement visibles.

L’espace aménagé ne concerne qu’une petite partie de l’ancienne zone d’extraction qui s’étend sous le bois comme en témoigne sa topographie tourmentée et d’autres meules partiellement enfouies dans le sol.

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