Histoire & Patrimoine

Histoire-et-patrimoine-de-Serigne

L’histoire de la commune de Sérigné

Selon les archives paroissiales et les archives historiques de Fontenay-le-Comte, SERIGNE fut habité dès la plus haute antiquité. La preuve en est la découverte de sarcophages à la Muauderie et la présence d’un dolmen, aujourd’hui recouvert de terre à la « Pierre Folle » près de Coutigny.

L’importance que l’on attribue à Sérigné est due à notre église. Sa construction date de différentes époques. La façade Ouest du XIIème siècle est inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques.

En 1568, l’église fut visitée par les Protestants qui brisèrent quelques tableaux et pillèrent les meubles et objets divers.

Le procès-verbal de la visite effectuée en 1736 et 1741 par Mgr de Menou, mentionne l’existence dans la commune de SERIGNE de 2 prieurés et 4 chapelles.

« C’est une entreprise hasardeuse que de vouloir écrire l’histoire de Sérigné. Les bases sont rares et incertaines. Les archives communales sont inexistantes.

Cependant, des recherches patientes ont été effectuées par l’abbé Louis Bousseau, alors Curé de Sérigné, qui ont parues dans les articles du Bulletin Paroissial de Sérigné durant l’année 1957.

Aux Xème, XIème et XIIème siècles, le nom de Sérigné apparaît sous diverses formes (Serinacum, Serigneco, Sergné) à l’occasion des différentes donations ou de transferts de droits seigneuriaux : comte de Poitou ou duc d’Aquitaine. Sérigné est alors dans le ressort de l’abbaye de Maillezais. Nous trouvons les noms de Coutigné (Coutigny), de la Vallée d’Or et des Chaumes qui semblent répondre du Prieuré de Sérigné. Il est question du monastère des Gourfailles et de la Touche. »

Extrait du B.M. n° 9 du 01/07/1967

Les demeures de Sérigné

Parmi les demeures anciennes qui sont restaurées et visibles, on trouve :

  • La Motte, appelée plus tard La Rabatelière et qui fut une petite seigneurie appartenant à Jean Rabasteau, prieur de SERIGNE. Actuellement, elle se situe dans la commune, rue de la Rabatelière ;
  • La Chauvière possède une grande maison, style Louis XV, avec une tour ronde datant de 1774 ;
  • La Touche, jolie maison bourgeoise avec une superbe avenue de charmilles, évoque le nom de Nicolas Rapin, l’un des auteurs de « la Satire de Ménippée » qui l’habitait. Cette propriété, appartenant à la famille Blampain de St Mars, fut louée pendant la guerre de 1940 à Monsieur de Bettignies, frère de Louise de Bettignies ;
  • Le château de la Girardie paraît avoir été construit en 1593 par un Girard de Beaurepaire.
  • Au centre du bourg, une belle demeure couverte en ardoises a été construite à l’emplacement d’un Prieuré. Cette propriété entourée de murs était l’ancienne cure de SERIGNE. Elle fut vendue au titre des biens nationaux ;
  • Au village du Pygelame et des Boisnières, on trouve les vestiges de deux chapelles. Les murs font 1,60 m d’épaisseur et les charpentes en chêne sont très bien conservées ; à proximité du Pygelame et de La Touche, passe une voie romaine qui existe encore comme chemin. Cette voie allait de Chantonnay à Fontenay-le-Comte. On suppose qu’elle fut suivie par les normands lorsqu’ils livrèrent combat à Brillaire en 853. Ce « grand chemin » passe près des vestiges des meules en grès destinées aux moulins du pays. Ce site témoigne d’une activité importante des meuniers aux siècles précédents.
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La Chauvière

Le château de la Girardie

À Sérigné, plusieurs moulins à vent existaient aux lieux-dits : le Moulin de la Croix, Les 4 Moulins, Le Moulin Brûlé. Il y avait aussi les moulins à eau : ceux de Chollet, Marengo, Les Sourderies.

Archives également de Louis BROCHET « Sérigné à travers l’Histoire »  – 1899

Le patrimoine de Sérigné

1) L’église

L’église de Sérigné est placée sous le vocable de Saint-Hilaire de Poitiers, saint hautement important pour le haut Moyen Âge et qui contribua à l’évangélisation de l’Ouest de l’actuelle France.

L’église fut construite à différentes époques. Le portail, daté de la fin du XIIème siècle, est la partie la plus ancienne de l’édifice et correspond à une donation faite le 6 Mai 1190 par le roi d’Angleterre, qui avait de nombreuses possessions dans la région.

Puis l’édifice a été remanié :

  • le clocher et les travées de la nef datent des XIIIème et XIVème siècles,
  • les travées du chœur sont datées du XVème siècle.

Le prieuré, cure de Sérigné, dépendit très longtemps de l’abbaye royale de Nieul-sur-l’Autise avant de devenir possession de l’évêché de Luçon, comme de nombreux autres biens monastiques.

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Une polémique entoure l’église de Sérigné

L’église a-t-elle brûlé durant les Guerres de Religion (1562 – 1598) ou des Guerres de Vendée (1793 -1794) ?

Certains faits pourraient confirmer cet incendie (pas d’archives communales avant les Guerres de Religion, toiture brisée, disparition de deux cloches datées de 1691 et 1698, ville de Fontenay-le-Comte prise par les Vendéens pendant les Guerres de Vendée).

Néanmoins, il faut rester objectif :

  • les cloches disparues ont sûrement été descendues pour être fondues comme cela se faisait encore durant la guerre de 14 -18 ;
  • l’affaissement de la toiture peut être dû à l’usure du temps.

On signale cependant que « l’église fut maltraitée en 1568 par les Protestants qui se contentèrent de briser quelques tableaux et de piller meubles et objets qu’ils y trouvèrent… »

En 1791, l’église va être vendue comme Bien National et va devenir rapidement paroissiale comme de nombreux autres édifices.

Description architecturale de l’extérieur du bâtiment

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L’église adopte un plan en croix latine typique de l’art roman classique (entre 1080 et 1151) qui caractérise la grande majorité de nos églises vendéennes. Elle est orientée vers l’Est et se termine par un chevet à fond plat.

Elle possède un transept peu saillant dédié à la Vierge et à St Laurent. Particularité de l’édifice : le clocher se situe au-dessus d’un bras du transept et non au centre de ce dernier.

L’église est de proportion moyenne et utilise une construction en moyen-appareil (pierre de taille légèrement dégrossie).

Façade occidentale

La façade pignon de la fin du XIIème siècle est le seul vestige de l’église romane primitive. Elle se compose en deux parties :

  • la partie basse délimitée par des modillons (petites sculptures) se compose de 3 sous-ensembles grâce aux 4 colonnes engagées sur dosserets. Sur leurs chapiteaux, on distingue de lourdes feuilles qui se retournent en volutes dans les angles laissant apparaître entre elles les denticules ;
  • les modillons soutiennent la corniche et sont au nombre de 11. Ils représentent un tonneau, une tête d’homme (l’avarice), un joueur de viole, un acrobate, un masque grotesque, une tête hideuse (la colère)… ;
  • le portail qui s’inspire de ceux à voussures décorées est encadré par des restes romans mais il est d’influence gothique. En arc légèrement brisé, il se compose d’un rang de clous à l’extrados et d’une voussure romane dont les claveaux sont décorés d’étoiles estampées. Les 2 autres voussures de l’archivolte sont gothiques. Toutes les voussures retombent sur des petites colonnes simples dont les chapiteaux ne sont pas sculptés ;
  • la baie en arc en plein cintre sans décor repose sur des colonnes aux chapiteaux stylisés ;
  • la partie haute en moyen appareil est très simple et se termine par un fronton triangulaire, à l’image de l’abbatiale de Nieul-sur-l’Autise (influence antique).
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Le clocher

Le clocher carré est édifié sur le bras Sud du transept, vers les XIIIème – XIVème  siècles. Il a abrité 4 cloches dont l’une fut bénie le 14 Septembre 1691 et se dénommait Marie. La seconde fut bénie le 8 Mai 1698 et se prénommait Suzanne mais elle disparut sûrement en 1793 lors des Guerres de Vendée.

Deux autres furent ajoutées en 1733 par l’abbé Lambreteau et en 1743 mais aucune d’entre elles n’existe aujourd’hui. Elles furent remplacées par 4 autres cloches :

  • 1869 : Marthe – Marie (la grosse cloche)
  • 1869 : Marie Rose – Elizabeth – Hilaire (2ndecloche)
  • 1853 : Marie, Florence – Geneviève – Henriette – Marie Louise (3èmecloche, la plus ancienne)
  • 1869 : Marie – Charlotte – Henriette – Laurence (4èmecloche, la plus petite)

Trois d’entre elles sont datées de la même année (1869). Sûrement brisées, elles ont été refondues pour un meilleur accord.
Toutes les cloches sont signées Bollee et Fils, fondeurs, accordeurs au Mans.

Murs gouttereaux

Sur chaque côté se trouvent 2 contreforts placés en correspondance avec les piliers à l’intérieur de l’édifice afin de maintenir la poussée de la voûte.

Description architecturale de l’intérieur de l’église

L’église adopte le plan en croix latine, symbole de la crucifixion du Christ et s’inscrit pleinement dans l’art roman classique (1080 – 1150). L’église n’est composée que d’une nef centrale à trois travées, séparées du chœur à chevet plat par un transept peu saillant.

La Nef

Divisée en trois travées séparées par des arcs doubleaux, la nef utilise le voûtement en croisée d’ogive qui supplante peu à peu la voûte d’arête. Les efforts des maîtres-maçons gothiques ont porté sur un point précis : faire supporter le poids des voûtes sur les piliers et non les murs comme durant l’art roman. La nef est peu profonde, largement ouverte sur l’extérieur par d’imposantes baies vitrées retraçant la vie de Saint-Hilaire de Poitiers. Les chapiteaux de la nef sont décorés de motifs très simples représentant des visages, mais aussi de motifs végétaux ou géométriques.

À remarquer l’utilisation de deux voûtes différentes : des travées à 4 ou 6 nervures.

Transept

Peu profond et peu saillant, il permet néanmoins d’effectuer une limite entre la nef et le chœur de l’église.

Chœur

Le chœur à fond plat est composé d’une seule travée du XVème siècle. Il possède un grand vitrail de 28 m2 orienté vers l’Est et qui fut longtemps fermé à l’intérieur par une cloison de briques. Il fut réalisé en 1884 par A. Maurier, peintre verrier à Nantes.

Au XVIIIème siècle, le maître autel est remplacé par un autre en joli marbre noir, don d’un chanoine de La Rochelle. Une inscription est gravée sur le côté gauche de cet autel et atteste ce don. Quelques restes sont encore visibles derrière le chevet de l’église et la sacristie.

L’autel actuel date des années 1902 -1903 et vient de la maison Savin de Poitiers.

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2) La Girardie

Le château de la Girardie paraît avoir été construit en 1593 par un Girard de Beaurepaire. Un descendant, Charles Girard de Beaurepaire, joua un rôle important en formant une division en 1793 et lutta aux côtés de Lescure, pendant les guerres de Vendée. Le bâtiment est terminé à chaque extrémité par une tour coiffée en poivrière. La cour intérieure est entourée de servitudes, flanquée aux angles de grosses tours dont les pieds baignent dans l’eau des anciennes douves. Au-dessus du portail extérieur pratiqué dans cette enceinte se lit cette invite engageante « Qui rit et apporte de ceste mayson lui défant-on la porte ». En face ce portail d’entrée, un gros chêne avec ses 8 m de circonférence est un témoin de ce temps – il a été classé le 19 Octobre 1936.

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3) La Touche

Jolie maison bourgeoise avec une superbe avenue de chênes, de jolies charmilles, de beaux jardins et de vastes pairies. Elle était en 1603 la propriété de Jean Brisson, qualifié sieur de La Touche dans un document de cette année déposé aux Archives de Fontenay.

Suivant le livre de L. Brochet 

Anecdote : au bout de cette avenue des chênes, nous avons constaté les traces d’une voie romaine allant dans la direction de Chantonnay à Fontenay, et tout fait supposer qu’elle fut suivie par les Normands lorsqu’ils livrèrent combat à Brillac en 853.

Extrait du B.M. n° 9 du 01/07/1967

4) Les Meules

Vestiges des meules en grès destinées à la production de farine par les moulins à vent ou à eau implantés sur la commune ou les villages avoisinants.
Extrait de la fiche N° 11 Conseil Général de la Vendée – Patrimoine géologique vendéen – (www.vendee.fr)

Le bois se trouve à 1,5 km au nord du bourg de Sérigné, à proximité du château de la Girardie. Il est bordé par un chemin qui assure un accès facile. La partie dégagée montre, sur une cinquantaine de mètres de longueur et 1 à 2 mètres de hauteur, le conglomérat siliceux extrêmement dur d’où étaient tirées les meules. Les incisions circulaires pratiquées pour dégager les meules monolithiques sont parfaitement visibles.

L’espace aménagé ne concerne qu’une petite partie de l’ancienne zone d’extraction qui s’étend sous le bois comme en témoigne sa topographie tourmentée et d’autres meules partiellement enfouies dans le sol.

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